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  • L’onde tellurique qui est en toi !

    Tu sais, je n’ai pas de boule de cristal, je n’ai que ce que j’entends, comprends et ressens. Et je sens une immense détermination en toi, une force qui se fraie un chemin entre les doutes et les cicatrices. Mais elle s’exprime.

    Même si tu en as assez de le vivre, marre de devoir y recourir encore et fatiguée d’y revenir sans cesse, c’est tout de même ta bouée, celle qui te fait surnager même quand tout est enseveli sous un déluge d’injustices et de rejet.
    Alors garde ces fondamentaux toujours éveillés, ne laisse personne les atteindre et écoute les sans restriction ni économie.


    Tu es le modèle auquel on pense souvent mais qu’on ne se donne parfois pas les moyens d’imiter. Ça fait de toi l’être exceptionnel que tu es, de par la croix qu’il porte. Tu n’es pas sur la voie de n’importe qui, il faut te mériter.

    Malheur à ceux qui passent à côté.

    29 novembre 2025

  • Et puis,

    il y eut toi…

    24 octobre 2025

  • Infinity

    Swift and brutal the torments invade my failing mind, varying in content and intensity, but filling all the seconds pertaining to the day and sometimes until the bitter watches of the night.

    Questions, guilt, justifications, more questions, more guilt and more justifications.. then weariness, despair, the abyssal feeling of a never ceasing void opening up beneath my awkward steps, still somehow trying to find sense and direction in this existence. The same tired existence that started over four decades ago, and that has never lead anywhere but right back to the start, the insecure, ever-doubting, unconfident child I once was.

    How to shield yet another cardboard fortress from collapse ? How to know what is soul from what is skin-deep ? How to renege my utmostly profound feelings and fierce cravings for a life I can see, in my mind’s eye, but never seem to let myself have access to ? How to revoke on yet another promise ? How to renounce on believing those fears that keep me from any more hurt ? But now it’s late already, time has yet again betrayed my watchful conscience and fled from me. It’s best I put this dilemma to rest for now and come back to it at a more opportune time, right ? Before I even reach this conclusion, another dilemma enters my entangled mind and sweeps the ground from under the previous one’s feet ! Alas that these thoughts might be mine, yet again, compounding the sense of drowning, choking, barely keeping my head above the turmoiled waters. These new tortured considerations claim the spotlight and soon I have to grudgingly and anxiously abandon what was clutching at my guilt strings, just minutes before, to keep up with the mental assailants.

    Hopelessness soon fills up the dark corners of my lamenting brain and only one light now shines in the midst of the obliterating darkness. You’re there, you know me, you understand, you care, you never judge, you house my previously most unadmittable fears, flaws, needs and life exigences. You seem like a guardian watching over me and feeling the same about the world, about values and intolerances, about everything that has ever meant anything to me. The first to ever not only understand but share the same views and justify all of my choices and actions as though they were your own! The feeling of undescribable comfort this brings is unmatched. Your regular words healing my ever re-opening wounds, making me stronger. There you are, when all other lights go out, as an obvious reality.

    I have known life to shift, change, completely deviate from its initial course, time and time again. I know that this can happen again. And for the first time, it fails miserably to frighten me. On the contrary, if and when change will manifest itself, welcome shall it be, like a beloved child come home at last. This child and my inner child can only meet to meld in harmony, as it should always have been. This is the only hope that I now cling to, as the torments ruthlessly continue to defile my peace and as I wrecklessly continue to battle with them to my own demise.

    Where the road will lead, I do not know. I am not afraid. I am finally knowing that the universe may not be hostile to me, after all.

    5 octobre 2025

  • Elrond

    Sous l’ombre douce des rameaux,

    Le vent caresse les roseaux,

    Un souffle pur, discret, s’élance,

    Chantant la paix, la bienveillance.

    La mousse au sol berce mes pas,

    Tout semble dire : « Ne presse pas ».

    La source claire, au creux du bois,

    Parle en silence, humble et sans voix.

    Ici, le temps semble s’asseoir,

    Et nul besoin d’imposer voir,

    Car chaque chose a son chemin,

    Libre, discret, calme et humain.

    Respect des fleurs, respect du vent,

    Respect du cœur et du vivant.

    Et dans ce souffle de clarté,

    Se trouve enfin la Liberté.

    On s’est promis, sans artifices,

    De vivre sans pause, sans caprices.

    Fidèles au cœur, au matin,

    Quand tout vacille ou prend fin.

    Pas besoin d’or ni de serment,

    Juste d’y croire, simplement.

    Le ciel descend en tons soyeux,

    Offrant aux cœurs un peu d’adieux

    Aux tracas lourds, aux cris du monde,

    Dans cette paix si douce et ronde.

    Souviens-toi c’était nous deux, comme chez Elrond.

    26 juillet 2025

  • Bouledogue sphérique

    Il arrive, il est là, le buste penché vers l’avant, savant déséquilibre qui lui permet de foncer vers une cible, la tête entrainant le reste de l’attelage vers un cap peu assuré. Les jambes courtes tricotent pour assurer à l’ensemble une motricité suffisante.

    C’est un bouledogue, français par naissance mais probablement plus sudiste que quoi que ce soit d’autre. Il jouit d’une réputation, incarne une légende, à deux doigts du mythe local : c’est le roi du poulet rôti, le king du burger froid !

    C’est donc avec un élan, symptomatique d’une consommation accrue de stupéfiants alcoolisés, que cette véritable boule(dogue) de flipper déboule dans son royaume, il ricoche entre les tables comme entre des bumpers, les yeux des convives s’allument comme des cibles activées, le compteur des degrés d’alcool monte.

    Parlons-en des convives, ces tablées peuplées de créatures biscornues et bigarrées savourent la visite du ‘patron’, le style y est rude, la féminité est abimée par quelques paroles abjectes crachées haut et fort, les regards sont aussi méprisants que l’animal est indigent. La masculinité, elle, est ornée de tatouages exécutés à la truelle un soir de cuite, le débardeur type ‘Marcel’ laisse échapper quelques effluves, ça sent au mieux le déo Leader Price, au pire le vapo « Petit coin » de Super U.

    Le patron, le regard vide, les aisselles suintantes, déambule et roule au grès de la houle comme un boulet de canon sur le pont d’un navire, il s’accroche à quelques verres, dévisages quelques personnes et présente l’écœurante manie de vouloir palper, sans consentement préalable, toute personne considérée du beau sexe. Théâtre affligeant d’un homme en plein naufrage, synthèse absolue de la décadence totale de ces tristes heures. Spectaculaire !

    Et pourtant, au loin, plane une douce mélopée, chargée d’émotions, une voix douce et claire qui parvient à faire coexister délicatesse et revendication. Les yeux clairs, perçants et lumineux mêlant affirmation et résignation animent une silhouette charismatique, éthérée et mystérieuse. Sans le vouloir vraiment elle désinfecte la scène de son timbre de cathédrale. Il faudra au moins ça pour nettoyer ce lugubre lieu de mauvais goût peuplé d’individus qui bâfrent et rient vulgairement à des boutades indignes en se tapant sur les cuisses, sans s’apercevoir que derrière eux et dans leurs oreilles, le miracle est en train de s’accomplir : la voix de la pureté est descendue d’ailleurs pour apporter grâce et beauté. Dommage, ils n’en feront que graisse et boutons…

    Fuck them all.

    3 juillet 2025

  • La perfusion !

    Je survis à l’ablation ! Je me balade, le cul aux quatre vents sous ma blouse opératoire à fleurs. Accompagné d’une potence à roulettes que je tire maladroitement, au sommet de laquelle se trouve une savante perfusion de ‘bonnes’ choses : un peu de vie sociale aux forceps, quelques heures de musique par semaine et de l’alcool, à portée médicinale bien entendu.

    Et j’avance, l’œil hagard dans les couloirs déserts d’une vie taciturne, le cliquetis de l’appareillage résonne et accompagne une image quasi présentable de face, mais de dos, les échancrures savantes de l’uniforme réglementaire du convalescent laissent deviner la naissance de quelques parties galbées d’une anatomie crue. L’envers du décor n’étant décidément pas politiquement affichable ! 😊

    2 juin 2025

  • Petites observations humaines : rock’n’roll.

    Un soleil pre-estival darde ses innocents rayons sur une foule qui grouille sur un parking au sol caillouteux. L’ambiance est exagérément bon enfant, mêlant toutes sortes d’individus tous porteurs d’aberrations morphologiques ostensiblement assumées. C’est trop beau pour être vrai, enfin matière à étudier.

    Entourés de véhicules historiquement obsolètes, ça déambule l’air faussement dégagé, ça erre, ça va et ça revient entre divers tas de ferraille dont la rouille a été masquée par de multiples couches de vernis coloré, allégorie du camouflage esthétique qui touche cette population dégénérée.

    Le postulat est simple, présenter et admirer ce qui n’est plus. Ce qui fut mais qui n’a plus lieu d’être. Vielles carcasses couinantes, vieux cycles motorisés puants et bruyants, cette mode importée d’ailleurs que certains font passer comme culturellement héritée d’une vie clairement inventée pour ne pas dire rêvée. Ils sont là pour célébrer un style de vie qu’ils n’ont jamais connu, le made in U.S.A façon baguette de pain, et c’est bien là tout le drame.

    Les profils diffèrent mais sont tous des resucées d’une vielle image rassie venue des Amériques à travers le prisme déformant et vulgaire d’un Hollywood malveillant.

    On y trouve le bonhomme aux cheveux blancs, longs et sales lâchés sur un blouson en cuir brodé de badges colorés évoquant quelques appartenances imaginaires à des groupes de rebelles, des ‘angels’ qui n’ont jamais vu que les routes nationales de l’hexagone, subodorant que la ‘66’, c’est pareil mais en plus sec. Des mâles dominants à la cabine avancée, exubérance d’une panse trop remplie de bière probablement plus belge que ricaine et farcie des graillons locaux infectes, escamotant durablement le modeste tuyau urinaire de la vue du protagoniste, l’obligeant à développer des talents de toucher/palper afin d’orienter le plus convenablement possible un timide jet d’urine, exploit qu’une dégénérescence prostatique évidente oblige l’homme pressé à maîtriser plusieurs fois par heure. Mais ça domine du regard les autres et particulièrement les femmes croisées dans ce va et vient mécanique au milieu d’épaves mécaniques elles aussi.

    Elles ne sont pas en reste, soumises à une misogynie palpable, elles sont complices de la situation, vêtues de vestons en cuir trop courts, ça montre lacets et œillets métalliques, ça dissimule à peine les excroissances mammaires dans lesquelles la graisse a depuis longtemps remplacé la grâce. L’élégance est absente de tout l’ensemble, remplacée par des bottes mi mollet surplombées d’un short en jeans trop court pour dissimuler les excès lipidiques d’une alimentation coupable et hors de tout contrôle. Ca déborde, de remue, ça rebondit, flasques mouvements d’une peau trop sollicitée par des abus irréversibles.

    Mais l’unité est là, pourtant. L’écosystème est vivant, reconnu et reconnaissable, la famille du mauvais genre est réunie et fière de ce qu’elle pense représenter : un esprit retors et libre de toute contrainte, à condition toutefois que les versements de la C.A.F demeurent inchangés. Au son d’un groupe live aux guitares saturées, de paroles hurlées dans un micro mal réglé. C’est fort et faux, mais c’est le son de la liberté, celle du far west. Qui de son Stetson ou de son médaillon de ceinture au cheval dressé façon Ford Mustang (la Renault Kangoo est sur le parking, pourtant). Ca sonne rock, pour les durs, les vrais, les anciens qui connaissent la vie difficile, les 39 heures par semaine à l’usine, les temps durant lesquels les disques de country étaient rares et ou le King venait de succomber, assis sur son toilette étouffé par son vomi …

    Et puis passe l’individu touché par le seigneur, LE représentant magique de ce mouvement de cloches informes, celui qui attire tous les regards, le bellâtre qui irradie de sa magnificence toute l’assemblée de cafards poussiéreux. Il survole le terrain, comme en lévitation, le veston en jean est impeccablement ouvert sur un torse dodu et copieusement poilu, le pantalon est sale, la chaîne façon gourmette retient un portefeuille bombé, ça sent la chique et le mollard mais c’est assumé. C’est l’odeur du mâle, l’aura du dominant ultime. Le regard dissimulé derrière des lunettes noires qui recouvrent jusqu’au commissures de yeux, il toise, méprise et provoque les femelles déjà soumises. Son arme ? Son atout unique ?

    Il est simple, bien que frappé d’une alopécie congénitale contrariant lourdement son désir de silhouette capillaire en surplomb, il a su, par miracle, donner assez de volume au 12 poils restants une forme bananoïde satisfaisante, chargeant cette touffe fatiguée,  représentante d’une toison jadis abondante, d’assurer la difficile tâche de perpétuer la silhouette d’un Elvis décidément parti trop tôt. Et il étincelle, il suinte la supériorité, il sera le dernier souvenir d’un rassemblement pestilentiel de bêtise et de mauvais goût.

    Quel est le rapport entre ceux-là et la beauté ? Comment vivre cette vie par procuration sans souffrir d’autant de crasse, de bruit et d’abandon ? Il est donc possible d’oublier son humanité pour ces clichés ? Se sentir unique dans une telle uniformité ?

    Confirmation des confirmations, ce monde échappe à l’entendement. Il est déjà mort, ou je ne lui appartiens plus, le résultat est probablement identique. Je quitte l’endroit rassuré de n’avoir rien compris au fondement de cette dérive. Il vaut peut-être mieux ne plus rien comprendre… Ca me va.

    Je pars.

    29 mai 2025

  • Carnet de lutte : le vide.

    Gérer ce vide, passer ce temps, brûler les heures, les nuits. Le défi est de taille, cela pourrait être valorisant mais c’est en fait principalement épuisant.

    Il faut le faire car c’est nécessaire, on se l’est dit et ici on ne revient pas sur ses mots. Alors il faut se tromper pour ne pas tromper, il faut déjouer ses propres mécanismes de lucidité, trouver une voie acceptable pour s’accommoder d’une attitude, occuper le terrain, détourner l’esprit. Faire face à l’absence, éviter la perspective du bas, remplir l’espace.

    C’est extraordinairement difficile pour ceux qui ont basé leur existence sur leur acuité à voir, sentir et analyser le moindre signe, le moindre mot, le plus petit silence. Tromper la double vue, écarter celui qui par définition n’est dupe de rien. Et pourtant, il le faut.

    Persuasion ? Auto conditionnement ? Suractivité ? Alcool ? Il faut choisir son arme.

    Mais on se donne toujours les moyens pour ce qui est intimement bon. Peu importe le coût, nous sommes faits de cet alliage qui ne cède pas.

    Car le vide, c’est le doute. Le vide c’est surtout le trop plein de questions, c’est laisser la place à la part d’ombre qui se cache. C’est laisser le champ à notre propre insécurité, ne même plus pouvoir se blottir dans un coin… car il n’y a plus de coin. Une menace absolument sphérique, une solitude absolue face à l’immensité d’un néant décidément bien mal nommé.

    Je t’ai, là, et pourtant tout sonne creux. J’ai dit d’accord car c’est l’évidence. Cela aide à tenir, cela donne un but, mais cela n’explique jamais comment y arriver.

    Penser toutes les minutes et se dire toutes les secondes « N’y pense pas ». Cela frôle la schizophrénie. Se passer d’une joie de vie pour la conserver, tel est le défi !

    Mais les choses sont simples : on le dit, on le fait. On lutte contre le dédit, tous les jours ! On ne peut pas y succomber. Ma force est là, il faut y revenir, inlassablement.

    J’ai promis et j’endurerai. Lève le menton, regarde-toi, sors de ta posture courbée et avance. Sers-toi de ce que tu es pour niquer ce que tu n’es pas.

    Même dans le vide, le doigt fonctionne.

    Je choisis l’arme de l’honneur et de l’estime de moi, ne serait-ce que pour emmerder les faibles et les couards. Les pleutres et les indignes. Je combats, donc, même dans le noir. Je serai là, au rendez-vous ! Droit et fier. Tu ne sauras pas grand-chose de ce que j’ai abattu comme monstres, car tu ne dois pas vivre mon enfer. Je serai là, c’est tout.

    23 mai 2025

  • Carnet de lutte : Chercher le goût.

    Il est de ces maux dont on ne revient pas. Des séismes intimes dont les répliques semblent interminables, vouées à revenir dans un infini vertigineux.

    On apprend tout se ses souffrances, depuis que le jour se lève, l’école de la vie se résume à exister et demeurer. Longtemps, plus longtemps que les autres. Maximiser ses chances, augmenter la probabilité d’invoquer des semblables, donner naissance à un similaire, pour recommencer une fois de plus à survivre, mais cette fois, encore un peu plus longtemps. Jusqu’au-boutisme animal, profond et intrinsèque. Cette part de nous est inscrite, inaltérable ! Elle est notre condition vitale, le rudiment.

    Et puis il y eut un jour un rejeton sans doute pas plus talentueux que les autres mais touché d’une grâce inattendue… Il a ressenti. Il est l’Initial, l’inspiré.

    Il a ouvert autant d’espoir que de menaces. Il a ajouté à la bête, à l’animal et à la plante, un ciel étoilé de subtilités. Il a ouvert les yeux aux princes d’éternité, ceux qui savent voir au lieu de regarder. Ceux qui comprennent au lieu de simplement savoir. Il nous a donné le pouvoir de l’intimité, la faculté du ‘toi’ à la place du ‘lui’. Ca sera toi.

    Humanité ? Il faut rester prudent avec cette appellation souvent d’origine mal contrôlée. De ce que les négligents en ont fait. Aujourd’hui il est devenu salvateur de s’en méfier, de remplacer le terme par une chose plus pure et hors de portée des maladroits et autres malintentionnés. Parlons de vibrations ! Tout est vibration ! Tout est rythme, pulsation, stimulation.

    Nous sommes donc ouverts à ces pressions informelles, puisqu’il n’est pas besoin de se parler pour se comprendre, nous avons le goût de l’autre, nous recevons ces trains de vibrations, ces trames de joliesses.

    Et pour répondre à l’intimidante question : il n’existe pas d’amour véritable ? Non, il n’existe tout simplement pas d’amour dans leur monde !

    Il n’existe rien de beau dans leur monde d’artifices, d’images et de bruits ! N’existent que pollution et désordre, la pureté est exclue, reléguée au stade d’anomalie, d’incongruité risible. Se moquer de celui qui pleure, qui se fissure c’est rire de celui qui est profond et qui a quelque chose à montrer.

    Il nous faut nous extraire du pestilentiel et de la cohue, c’est hors de ça qu’existe la beauté de ce que nous a laissé l’Initial.

    Impossible ?  Ce qui est impossible c’est d’imaginer qu’une telle bénédiction ait pu être à ce point dévoyée et supprimée. Il est possible de retrouver la véritable sensation, celle perçue sans aucun effort, sans aucune requête particulière, juste celle qui a la force de l’évidence, la plus simple expression du bonheur, hors de toute sophistication inutile. Pure, nue, tellement fragile qu’elle sera éternelle.

    Il faut retrouver le goût de ce que l’on sent, le goût de la vie, le goût de l’amour.

    Tu manques.

    22 mai 2025

  • No Man’s land

    Notre barrage mental doit résister à des tsunamis multiples et dont l’intensité varie selon les arrivages. Dès l’enfance, nous sommes submergés par des vagues de déceptions qui engloutissent nos rêves et notre candeur. Les parents et la fratrie d’abord, dont l’impact produit un cratère duquel nous ne sortons jamais vraiment. Une source inépuisable de tourment, un précipice dans lequel nous retombons, encore et encore, dès que la vie nous fait trébucher. Le socle est vacillant, la base fragile, et c’est sur cela que nous devons tenter de construire un édifice solide qui devra abriter notre amour propre.

    Puis, les amis, ces nouveaux espoirs de connexion profonde et sincère, se révélant n’être autre que d’amères façades synthétiques et factices auxquelles on se heurte dès qu’on essaye d’être vrai, ou qu’on a des problèmes dans nos vies. L’acidité de ces révélations qui se succèdent forge petit à petit une terreur du vide en l’être authentique que nous sommes, en proie à la question dont nous chercherons la réponse à jamais : à quoi sert-il d’exister ?

    Si même nos proches, famille et amis, sont capables de nous faire du mal, de nous renier, de nous heurter, de nous abandonner et de nous tourner le dos, alors… à quoi bon ? L’existence en solitude n’est ni attirante ni rassurante, ni même envisageable. Et pourtant, la société nous apprend, par le biais de méthodes barbares, que nous sommes toujours seuls dans nos vies, une expérience où même les personnes de ‘confiance’ ne sont que rarement dignes de cette dernière.

    Enfin, nous nourrissons un espoir ardent et idéalisé par la société, cette traitresse cruelle et sans pitié, que la confiance et le réconfort de l’esprit, en lesquels nous croyons envers et contre tout et dont nous avons besoin, pourront être dénichés au fond du cœur d’un compagnon de vie, un époux. Là encore, les jours se remplissent de proximité et de confidences, de partage et d’émotions, d’expériences communes et d’obstacles surmontés ensemble, pour un jour découvrir que la personne qui sait tout de nous est capable de nous tromper, de nous trahir. Notre confiance, si durement accordée, s’en retrouve déchiquetée, le vide nous sourit de nouveau. Le néant, incompréhensible et terrifiant. Nous tombons encore de si haut, là où nous nous étions hissés avec une douce allégresse pour nous rassurer qu’enfin nous avions trouvé une sécurité, un havre de paix, une connexion éternelle, un amour inconditionnel.. un sens à cette existence spirituelle dont nous n’avons finalement qu’une vague idée.

    Lorsque s’écroule ce dernier rempart pour notre santé mentale, le monde revêt une lueur lugubre et nauséabonde. Nous errons dans les rues, perdus, traumatisés, terrifiés, las, en sang.. à la fois médusés et aigris, perturbés et rageurs, face à tant d’injustice, d’impossibilités… Comment a-t-il pu trahir ma confiance? Comment faire une chose pareille à un être qu’on aime, soi-disant? Ou alors, l’amour n’a jamais été… ce n’était pas réel. Le précipice se réouvre, béant et gargantuesque, nous sommes happés vers ses profondeurs abyssales encore une fois, une peur viscérale insoutenable se saisit de nous.

    Comment pardonner? Comment avancer? Comment.. et pourquoi? La fin heureuse semble n’être qu’une mauvaise plaisanterie, un hoax, utilisé pour nous bercer d’une illusion impitoyable dès le plus jeune âge et nous donner une impression de but ultime, de sens à la vie.

    L’amour véritable n’existe pas, il semblerait. Sauf pour ceux que nous avons créés, lorsque nous sommes de vrais parents, non pas des êtres égoïstes qui ont décidé plus ou moins nonchalamment de procréer par obligation et pression sociale. A ces petits êtres seuls alors appartient cette sensation d’appartenance à une vie qui a du sens, une bouée à laquelle se raccrocher quels que soient les tsunamis qui déferleront inévitablement sur eux. Un amour inconditionnel véritable qui fait de cette univers un endroit moins froid, moins effrayant, moins cruel. Pour nous autres, les mal-aimés, l’univers est un no man’s land peuplés d’entités sanguinaires, où nous devons survivre sans trop savoir pourquoi, si ce n’est pour aimer inconditionnellement comme nous aurions voulu l’être nous aussi.

    22 mai 2025

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Le Finger 2025