{"id":174,"date":"2025-05-22T16:36:48","date_gmt":"2025-05-22T14:36:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lefinger.net\/?p=174"},"modified":"2025-05-22T16:41:03","modified_gmt":"2025-05-22T14:41:03","slug":"no-mans-land","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lefinger.net\/index.php\/2025\/05\/22\/no-mans-land\/","title":{"rendered":"No Man&rsquo;s land"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Notre barrage mental doit r\u00e9sister \u00e0 des tsunamis multiples et dont l&rsquo;intensit\u00e9 varie selon les arrivages. D\u00e8s l&rsquo;enfance, nous sommes submerg\u00e9s par des vagues de d\u00e9ceptions qui engloutissent nos r\u00eaves et notre candeur. Les parents et la fratrie d&rsquo;abord, dont l&rsquo;impact produit un crat\u00e8re duquel nous ne sortons jamais vraiment. Une source in\u00e9puisable de tourment, un pr\u00e9cipice dans lequel nous retombons, encore et encore, d\u00e8s que la vie nous fait tr\u00e9bucher. Le socle est vacillant, la base fragile, et c&rsquo;est sur cela que nous devons tenter de construire un \u00e9difice solide qui devra abriter notre amour propre.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, les amis, ces nouveaux espoirs de connexion profonde et sinc\u00e8re, se r\u00e9v\u00e9lant n&rsquo;\u00eatre autre que d&rsquo;am\u00e8res fa\u00e7ades synth\u00e9tiques et factices auxquelles on se heurte d\u00e8s qu&rsquo;on essaye d&rsquo;\u00eatre vrai, ou qu&rsquo;on a des probl\u00e8mes dans nos vies. L&rsquo;acidit\u00e9 de ces r\u00e9v\u00e9lations qui se succ\u00e8dent forge petit \u00e0 petit une terreur du vide en l&rsquo;\u00eatre authentique que nous sommes, en proie \u00e0 la question dont nous chercherons la r\u00e9ponse \u00e0 jamais : \u00e0 quoi sert-il d&rsquo;exister ?<\/p>\n\n\n\n<p>Si m\u00eame nos proches, famille et amis, sont capables de nous faire du mal, de nous renier, de nous heurter, de nous abandonner et de nous tourner le dos, alors&#8230; \u00e0 quoi bon ? L&rsquo;existence en solitude n&rsquo;est ni attirante ni rassurante, ni m\u00eame envisageable. Et pourtant, la soci\u00e9t\u00e9 nous apprend, par le biais de m\u00e9thodes barbares, que nous sommes toujours seuls dans nos vies, une exp\u00e9rience o\u00f9 m\u00eame les personnes de &lsquo;confiance&rsquo; ne sont que rarement dignes de cette derni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, nous nourrissons un espoir ardent et id\u00e9alis\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9, cette traitresse cruelle et sans piti\u00e9, que la confiance et le r\u00e9confort de l&rsquo;esprit, en lesquels nous croyons envers et contre tout et dont nous avons besoin, pourront \u00eatre d\u00e9nich\u00e9s au fond du c\u0153ur d&rsquo;un compagnon de vie, un \u00e9poux. L\u00e0 encore, les jours se remplissent de proximit\u00e9 et de confidences, de partage et d&rsquo;\u00e9motions, d&rsquo;exp\u00e9riences communes et d&rsquo;obstacles surmont\u00e9s ensemble, pour un jour d\u00e9couvrir que la personne qui sait tout de nous est capable de nous tromper, de nous trahir. Notre confiance, si durement accord\u00e9e, s&rsquo;en retrouve  d\u00e9chiquet\u00e9e, le vide nous sourit de nouveau. Le n\u00e9ant, incompr\u00e9hensible et terrifiant. Nous tombons encore de si haut, l\u00e0 o\u00f9 nous nous \u00e9tions hiss\u00e9s avec une douce all\u00e9gresse pour nous rassurer qu&rsquo;enfin nous avions trouv\u00e9 une s\u00e9curit\u00e9, un havre de paix, une connexion \u00e9ternelle, un amour inconditionnel.. un sens \u00e0 cette existence spirituelle dont nous n&rsquo;avons finalement qu&rsquo;une vague id\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque s&rsquo;\u00e9croule ce dernier rempart pour notre sant\u00e9 mentale, le monde rev\u00eat une lueur lugubre et naus\u00e9abonde. Nous errons dans les rues, perdus, traumatis\u00e9s, terrifi\u00e9s, las, en sang.. \u00e0 la fois m\u00e9dus\u00e9s et aigris, perturb\u00e9s et rageurs, face \u00e0 tant d&rsquo;injustice, d&rsquo;impossibilit\u00e9s&#8230; Comment a-t-il pu trahir ma confiance? Comment faire une chose pareille \u00e0 un \u00eatre qu&rsquo;on aime, soi-disant? Ou alors, l&rsquo;amour n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9&#8230; ce n&rsquo;\u00e9tait pas r\u00e9el. Le pr\u00e9cipice se r\u00e9ouvre, b\u00e9ant et gargantuesque, nous sommes happ\u00e9s vers ses profondeurs abyssales encore une fois, une peur visc\u00e9rale insoutenable se saisit de nous. <\/p>\n\n\n\n<p>Comment pardonner? Comment avancer? Comment.. et pourquoi? La fin heureuse semble n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une mauvaise plaisanterie, un hoax, utilis\u00e9 pour nous bercer d&rsquo;une illusion impitoyable d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge et nous donner une impression de but ultime, de sens \u00e0 la vie. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;amour v\u00e9ritable n&rsquo;existe pas, il semblerait. Sauf pour ceux que nous avons cr\u00e9\u00e9s, lorsque nous sommes de vrais parents, non pas des \u00eatres \u00e9go\u00efstes qui ont d\u00e9cid\u00e9 plus ou moins nonchalamment de procr\u00e9er par obligation et pression sociale. A ces petits \u00eatres seuls alors appartient cette sensation d&rsquo;appartenance \u00e0 une vie qui a du sens, une bou\u00e9e \u00e0 laquelle se raccrocher quels que soient les tsunamis qui d\u00e9ferleront in\u00e9vitablement sur eux. Un amour inconditionnel v\u00e9ritable qui fait de cette univers un endroit moins froid, moins effrayant, moins cruel. Pour nous autres, les mal-aim\u00e9s, l&rsquo;univers est un no man&rsquo;s land peupl\u00e9s d&rsquo;entit\u00e9s sanguinaires, o\u00f9 nous devons survivre sans trop savoir pourquoi, si ce n&rsquo;est pour aimer inconditionnellement comme nous aurions voulu l&rsquo;\u00eatre nous aussi.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre barrage mental doit r\u00e9sister \u00e0 des tsunamis multiples et dont l&rsquo;intensit\u00e9 varie selon les arrivages. D\u00e8s l&rsquo;enfance, nous sommes submerg\u00e9s par des vagues de d\u00e9ceptions qui engloutissent nos r\u00eaves et notre candeur. 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